A la question "Que puis-je écrire (publiquement) de ce jour ?", il m'est plusieurs fois arrivé de me dire qu'au minimum, même si je crains d'évoquer mon travail, je pourrais noter tel menue découverte linguistique qui m'a réjoui dans la journée. D'autant qu'il y a encore des gens qui sont persuadés qu'ils n'aiment pas, par exemple, la langue anglaise - ce que je ne veux attribuer qu'à une méconnaissance, tant pour moi toute langue étrangère est désirable par nature, par son étrangeté même (bon, c'est un peu comme si je disais que toute femme est désirable dès lors qu'elle n'est pas votre mère, et on aperçoit vite les limites du raisonnement, reste, n'est-ce pas, qu'une femme inconnue en vaut deux).
L'autre jour, par exemple, to have a roll in the hay with sbdy, faire une roulade dans le foin avec qqun, une galipette, "batifoler," dit mon dictionnaire, et un instant mon esprit s'évade du bureau pour gambader/régresser dans les étés les grandes vacances.
Aujourd'hui, une brève correspondance avec mon copain John, que je m'autorise à appeler à l'aide alors qu'il est en plein tour du monde, car
Je le géolocalise par l'envoi de son premier mail : "greetings from Montreal, where it's hilariously cold" : bons baisers* de Montréal, où il fait un froid hilarant. Et à la fin de notre échange, il m'assure avec poésie (puisque dans sa langue, qui n'est pas la mienne) de son immuable dévouement : "ask away to your heart's content" : questionne-moi tout ton soûl, jusqu'à plus soif, pars en questions jusqu'à ce que tu aies le coeur content.
Je fais un travail où ce genre d'événement - goutte dans un évier de silence - en est un, et heureux.
(Et puis tôt, ce matin rare du 29 février, entendu dans la cour les premiers chants d'oiseau.)
___________
* oui je sais, j'exagère.
L'autre jour, par exemple, to have a roll in the hay with sbdy, faire une roulade dans le foin avec qqun, une galipette, "batifoler," dit mon dictionnaire, et un instant mon esprit s'évade du bureau pour gambader/régresser dans les étés les grandes vacances.
Aujourd'hui, une brève correspondance avec mon copain John, que je m'autorise à appeler à l'aide alors qu'il est en plein tour du monde, car
- c'est un confrère et
- c'est le genre de geek qui serait capable de se connecter à internet en maillot de bain depuis une crique néo-zélandaise,
Je le géolocalise par l'envoi de son premier mail : "greetings from Montreal, where it's hilariously cold" : bons baisers* de Montréal, où il fait un froid hilarant. Et à la fin de notre échange, il m'assure avec poésie (puisque dans sa langue, qui n'est pas la mienne) de son immuable dévouement : "ask away to your heart's content" : questionne-moi tout ton soûl, jusqu'à plus soif, pars en questions jusqu'à ce que tu aies le coeur content.
Je fais un travail où ce genre d'événement - goutte dans un évier de silence - en est un, et heureux.
(Et puis tôt, ce matin rare du 29 février, entendu dans la cour les premiers chants d'oiseau.)
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* oui je sais, j'exagère.