dimanche 22 février 2009

"Bienvenue en France", par arte radio

Ce matin, j'ai redécouvert Arte Radio, sa quasi-perfection esthétique, son enjouement, son originalité de format et sa liberté de ton, sa franco-germanitude, et, émerveillé, je m'y suis créé un compte. Je me suis même arrêté un moment sur sa page "Audioblogs", mais peinant déjà à actualiser ma puissance première, qui est l'écrit, je n'ai pas poussé plus loin... Je ne reprocherais qu'une chose à Arte Radio, c'est sa parcimonie - pas même un son par jour, j'en voudrais plus, mais j'imagine qu'on fait aussi, là-bas, ce qu'on peut avec qu'on a.

Dans cette tentative d'approfondir notre perception/compréhension/maîtrise de ce que sont, indissolublement liées, l'écoute&laparole (contre, tout contre le silence), ces deux mamelles de l'humaine condition, j'ai aimé, notamment, cette série de lettres, parfois administratives, lues, pour voir entendre, "comme des textes d'auteur". Ça amuse, humanise, cette mise à distance. Et ça peut donner à sentir la volupté du genre de la correspondance, forme à la fois courte et très codée. Exemple (dédicacé aux forces vives de l'Education nationale qui, chaque jour, risquent leur peau au contact de la jeunesse) :






Mais pour ricocher sur le dernier billet de Samantdi, et en réponse à qui trouve bon de faire de l'immigration une obsession politique et un problème national, qu'ils ont à cœur de résoudre par des méthodes certes viriles, mais non moins douteuses, c'est surtout "Bienvenue en France, test pour choisir les bons étrangers" que j'ai plaisir à faire écouter ici.






dimanche 8 février 2009

réformer la pensée

Fondamentalement, ce qui m'insupporte grandement dans le fonctionnement de notre belle et présidentielle Ve République, en général mais en particulier depuis l'instauration du quinquennat présidentiel assorti de la priorité donnée à l'élection du chef de l'exécutif par rapport aux représentants de la nation, c'est cette façon qu'a le pouvoir de se prétendre légitimé pour cinq ans sans conditions pour transformer (/bouleverser/déstabiliser/contrôler) la société, y compris dans ses structures et y compris par des décisions qui n'ont jamais été dans son programme de campagne (comme c'est le cas de la réforme de France Télévisions, si je ne m'abuse). Et j'ai beau ne pas me reconnaître dans la frilosité politique du centre droit et ses valeurs de bon père de famille, je ne peux m'empêcher de me sentir concerné quand François Bayrou veut parler au nom des "démocrates" français. Et quand, fût-ce pour servir aussi une ambition toute personnelle, il met en avant des valeurs, des idées et le sens même du politique contre le cynisme, l'hypocrisie, l'ambivalence et le brouillage du sens par saturation du temps de cerveau disponible. L'aspiration à l'idéal qui rassemble contre le machiavélisme qui divise pour mieux dominer.

Fondamentalement, ce qui me choque au plus haut point dans la réforme de l'Université portée par Valérie Pécresse, c'est qu'un pouvoir émanant d'une école de pensée, et pas nécessairement la plus subtile, la plus riche ou la plus profonde, ait la prétention d'imposer ses prémisses, son modus vivendi - en gros l'efficacité, les lois du marché - à l'ensemble des actifs de la connaissance de ce pays, et ce pour plus de quatre ans (Pascal suggérait récemment qu'il n'est pas si difficile d'inverser la vapeur, je ne partage pas son optimisme, je crains que le temps impose des limites à ce travail). Qu'au nom d'une élection, il croit avoir la légitimité de traduire dans la pratique un postulat à tout le moins discutable : la négation de la dépense improductive, de la part improductive de la pensée. C'est-à-dire de la vie. Puisque le postulat selon lequel on pourrait séparer la pensée de la vie, comme on séparerait le travail du loisir, n'est pas moins contestable - mon postulat : il n'y a pas de "temps de travail" quand on est chercheur. Ce qui me choque profondément, c'est cette prétention à soumettre entièrement la sphère vaste et diverse de la connaissance à ce que Bataille appelle "la sphère de l'utile" (la sphère étriquée de l'utile).

mercredi 4 février 2009

to blog or no to blog, t'as une autre question ?


− Ce soir, je repense à cette amie fringante avec qui je parcourais hâtivement les allées étroites d'une supérette parisienne afin d'amasser sans tarder de quoi pique-niquer rapidement avant le film tant convoité qui devait s'avérer atterrant, surtout pour elle, et qui, dans notre course, alors que j'avais machinalement jeté dans la conversation le mot "blog", référant par là à une réalité qui fait partie de ma vie mais que j'ai pris l'habitude de cacher à la plupart de mes proches, m'engageant dans une double vie dont je peine aujourd'hui à m'extraire, tant mes moins lointains proches sont 2.0-sceptiques, s'était exclamée presque séchement : "Ahhhhh, les blogs, t'as un blog toi, moi non plus, je me demande vraiment où les gens trouvent le temps d'avoir un blog !"

− Hmm. Continuez...